
Je n'avais plus écris depuis quelques semaines, je m'en excuse. Entre 2 balades j'ai pu finir par prendre un peu de temps (il en faut)! Marrakech: 15 Mai – 23 Mai.
8 jours passés à Marrakech. La raison : un départ sans cesse repoussé: Trop chaud (jusqu'à 42°), puis trop fatigué (pas bien supporté ce brûlant soleil) et enfin trop de pluie. Tout ce temps m'a permis de faire les réglages nécessaires sur mon vélo et de visiter la ville.
Marrakech a été pendant plusieurs siècles la capitale du Royaume du Maroc. Des remparts encerclent la médina (=la vieillie ville) et de nombreux monuments, palais et luxueuses maisons (notamment les riads) ont été construites à cette époque. Maintenant, c'est devenu un lieu très fréquenté par les touristes (beaucoup de choses à voir) où les riads se transforment en hôtel, restaurants ou résidences secondaires pour occidentaux fortunés. Les marrakchis devinent lorsque que c'est un long week-end en France (celui de l'ascension pendant mon séjour) au nombre très important de français qui envahissent la très animée place Jemaa-el-Fna (remplis de musiciens, de saltimbanques et petits restaurants très économiques) et les souks aux alentours. 
Marrakech- Essaouira : 23 Mai- Fin Mai. Enfin, tous les paramètres (météo/ santé / état du vélo) semblent réunis pour que je puisse repartir.
Mais, l'étape a été la plus épuisante de mon voyage. Beau temps pendant seulement 20 km: la pluie revient ("seulement" pendant 2h) avec un vent de face et beaucoup trop de kilomètres dans la même journée. J'arrive épuisé à 25 kilomètres de l'océan dans un camping installé au milieu d'oliviers. Le lendemain, je n'ai pas beaucoup de kilomètres mais pas bien plus de forces pour rejoindre le joli port d'Essaouira.
Je retrouve là-bas une cousine. Pour la première fois depuis 2 mois, voila un visage que je connaissais déjà avant. Installée à quelques kilomètres de la ville, j'ai profité du confort de sa belle maison pour me reposer (encore!).

A côté du port, on trouve une médina entourée par des remparts (traces des portugais passés ici au XVIème siècles) qui plongent dans l'océan. Tout autour des plages où le vent souffle très fort. Normalement, je devrais prendre la route du nord, les vents viennent justement de la même direction. Cela s'annonce trop difficile... je choisis la direction opposée... le sud... Côte Atlantique : Fin Mai- Juin
Pendant 2 jours, j'ai été poussé par les alizés (vent du nord dominant dans cette région) jusqu’à Agadir. Ca m’a bien aidé pour grimper les routes et pistes côtières au milieu d’un cadre remarquable : criques, dunes de sable, longues plages désertes bordées par des milliers d’arganiers. 
Ces arbres, que l’on ne trouve nulle part ailleurs, sont très réputés pour leurs huiles qui auraient de grandes vertus cosmétiques et alimentaires. C’est peut-être pour cela que les chèvres jouent les acrobates pour cueillir le précieux fruit. Le berger est devenu un excellent dresseur qui sait choisir son lieu pour faire son numéro : Au bord de la route près d’une aire où viennent stationner les bus touristiques. Chaque clic photographique devra remplir son tarbouch. Ailleurs, on en voit aussi mais c’est beaucoup plus rare, les bergers préférant jeter des cailloux pour faire tomber les fruits.
J’arrive à Agadir. La ville, ravagé par un tremblement de terre en 1960 a été complètement reconstruite. Elle est devenue le premier port de pêche du Maroc (et le plus important port sardinier du monde) et une grande station balnéaire grâce à sa longue plage de sable fin.
Je me suis un peu plus éloigné de Rabat. En continuant dans le sens du vent, je file doucement vers la Mauritanie, le Sénégal. Je me décide à remonter mais préfère m’éviter trop de kilomètres face au vent en me « télétransportant » à Safi, une centaine de kilomètres au Nord d’Essaouira. J’aurais pu tester la mise en soute d’un vélo…
Il me reste cependant quelques 350 kilomètres pour rejoindre Rabat, toujours le vent de face. Plusieurs jours de suite, je pars très tôt en espérant que le vent ne soit pas encore levé. Ca souffle moins fort qu’en fin de journée mais suffisamment pour me donner l’impression de nager à contre courant. Doucement mais sûrement…
L’aridité du sud s’estompe. Grâce aux systèmes d’irrigations, les terres redeviennent cultivables : tomates, carottes, pommes de terre. C’est moins intense que dans le sud de l’Espagne mais il y a quelques ressemblances ( notamment beaucoup de mains d’œuvres). 
Je traverse de plus en plus de grandes villes (Du sud au nord : Agadir, Safi, El Jadida, Casablanca, Rabat, Salé). De nombreuses industries (avec leurs richesses et leurs polluants) sont venues s’installer là profitant des zones portuaires.
Les années de sécheresse, ces villes attirent les populations rurales qui viennent chercher de quoi survivre.
C’est souvent comme cela que naissent les « bidonvilles » à côté desquels je suis passé à Agadir, Casablanca ou Rabat. Ces quartiers pauvres ancrés dans les traditions marocaines côtoient les opulents milieux d’affaires, buildings et centres commerciaux conformes aux cités occidentales. De quoi faire surgir quelques tensions.
A Casablanca, j’ai logé chez un surfeur rencontré vers Agadir. Avec ses amis nous sommes sortis voir un festival de jeunes musiciens dans le stade de foot de la ville. Voila une belle cible pour les pickpockets présents en masse. Mes mains fixées dans les poches, ils n’ont rien eu mais je n’ai pas beaucoup applaudi. C’est la première fois que je ressens une petite crainte au Maroc ! Avec ses 4 millions d’habitants, on trouve de tout : à Casa comme à Paris, Buenos Aires, New York ou Tokyo (j’imagine)! 
Le temps d’une journée, le vent a tourné. Cette fois, je suis dans le bon sens pas de doute, je peux arriver tout frais après 3 mois tout pile (6 mars-6juin) à Rabat !

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